Les villages miniers boycottent la parodie électorale

24 novembre 2011 20 h 33 min 3 comments

A quelques jours des élections électorales, le Makhzen espère peut-être encore une concrétisation de l’adhésion des marocains à ses réformettes politiques. La campagne électorale bat son plein dans quelques villages miniers du bassin de Khouribga. Non pas que les partis politiques présentent une offre politique différente, ou que les élites y sont particulièrement crédibles….rien de tout cela ! Il s’agit tout simplement du ras le bol de jeunes chômeurs victimes d’un Etat démissionnaire qui a délaissé la majeure partie de ses prérogatives dans cette région.
Lors de la précédente campagne référendaire, et dans un contexte politique perturbé, le Makhzen tendu, perdu, a usé de tous les moyens pour assurer une forte participation à la parodie de consultation populaire ! Profitant des conditions de vie extrêmement difficiles des jeunes chômeurs, les autorités publiques -inquiètes à l’idée d’un grand taux d’abstention lors du référendum constitutionnel- n’ont pas hésité à promettre des « emplois pour tous » à ces jeunes chômeurs. Ces derniers devaient en contrepartie s’investir et se mobiliser en faveur de la nouvelle constitution. Aspirant à rompre avec leur vie de misère, les jeunes se sont résignés à faire campagne pour un sujet qui au fond ne les intéressait pas voir très peu.
Des semaines après l’annonce des résultats du référendum présentés comme une illustration de l’adhésion populaire spontanée au projet de constitution royale, le Makhzen retente le coup et pousse cette fois les partis à faire campagne dans les villages miniers espérant que son scenario refonctionne à nouveau. Mais…. cette fois ! Les jeunes en ont décidé autrement !
Dans un élan pas très catholique, ils ont refusé de tendre l’autre joue…ils ont pris conscience que leurs villages ne devait plus être le centre d’intérêt des politicards une fois toute les campagnes référendaires.
Le Mardi 22 Novembre à Boulanouar, le candidat PI, élu depuis des années dans ce petit village minier, baron local et accessoirement conseiller de M Abbas FASSI s’est vu refusé l’accès avec son équipe de campagne à la bourgade ! Des dizaines puis des centaines de jeunes se sont rassemblés à l’entrée du village pour interdire à l’ensemble des partis politiques de faire campagne chez eux. Ils refusent désormais que l’Etat et une partie servile de la classe politique les considèrent comme des êtres électoraux à la merci et au service du Makhzen.
Ce Mercredi 23 Novembre, à une dizaine de kilomètres de Khouribga, précisément à Boujniba, un des plus vieux villages miniers de la région, les jeunes ont fait de même, en mettant des obstacles à l’entrée de la ville pour interdire au président du conseil municipal de Khouribga et candidat UC d’accéder au village avec ses équipes de campagne.

A défaut d’une mobilisation générale et d’un débat politique à la hauteur des enjeux auxquels les marocains vont être confrontés, les jeunes du Maroc profond remettent le boycott au centre du débat public. Par leur mobilisation, ils ont réussi à faire du boycott une option éminemment politique représentative des frustrations populaires des habitants de ces régions où l’Etat réduit sa présence au strict nécessaire régalien. Le boycott est pro-actif, il est l’expression du rejet de la médiocrité ambiante et d’une autorité publique qui les assigne à un vulgaire rôle de comparse électoral.

3 Comments

  • Parodie ? plus subjectif tu meurs !

  • Quand on prétend qu’il n y a pas eu de morts au Maroc, c’est vite dit. Il semble qu’il y a eu 11 sans parler des blessés et des arrestations arbitraires de personnes manifestant leur opinion pacifiquement sans oublier les intimidations et les interrogatoires arbitraires etc..
    La constitution ne changera rien, le Roi continue d’avoir le principal du pouvoir : décider. Il reste le chef religieux, politique et judiciaire comme il est le chef suprême des armées. Il a commis l’erreur de sa vie en demandant au peuple de voter oui pour la constitution. Si à l’avenir ca tourne mal, il devra expliquer cet appel à voter oui pour un Roi censé être au dessus de tous esprit partisan. Les éléctions actuelles -dont la campagne officielle a permis la manifestation d’un seul son de cloche celui du oui- n y changeront rien et le roi restera la principale source de décision. Le PJD gagnant des éléctions n y changera rien. Il bénficie juste d’une vision de « grâce » car n’a jamais gouverné. Il est dans la même position que l’USFP jadis, une fois au pouvoir, le palais a tout fait pour le salir aux yeux du peuple. Le PJD quand à lui connaitra le même sort. Et le peuple dira que ce sont ceux qui entourent le Roi qui sont mauvais et vaut mieux le garder parcequ’on ne peut pas faire confiance aux partis politiques. Ce poujadisme poussé à l’extrême fait prendre aux marocains énormement de positions carrement racistes. Mezouar le chef du RNI a versé dans le simplisme virulent à l’égard d’un Abbas al Fassi démissionaire dès le 1er jour de son investiture en décalarant que le programme du Roi est le sien. Est ce que Mezouar a ou aura le courage de prétendre le contraire ? Qu’il le démontre. Les marocains doivent savoir que la solution n’est pas dans le simplisme ou les idées recues. Le seul reproche au mouvement du 20 février est son silence officiel face à des positions nauséabondes que beaucoup prennent en son nom.

  • le roi qui va nommer un premier ministre…donc ou il est le changement ??????????????????????

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