« S’il y a la sécheresse cette année, ça va exploser »

22 février 2012 15 h 51 min 6 comments

Voici l’interview d’Omar Radi réalisé par le journaliste Pascal Mülchi lors de son passage au Maroc. Omar, militant du 20 février, donne les raisons pour lesquelles les rapports annuels des ONG internationales ne sont plus optimistes sur la réalité du respect des droits au Maroc. Il explicite également les restrictions à la liberté de la presse qui perdurent encore sous le régime de Mohammed VI et il présente son scénario pour les semaines prochaines qui risquent d’être agitées (interview effectué fin janvier).

Pascal Mülchi : Le rapport annuel de Human Rights Watch (HWR) vient d’être publié. On peut lire là-dedans, que les amendements de la nouvelle constitution concernant les droits de l’homme « n’avaient pas encore eu l’effet d’améliorer le bilan décidément mitigé du Maroc ». Reporters Sans Frontières (RSF) dit en publiant son classement mondial de la liberté de la presse que le Maroc est loin d’être « en voie de démocratisation ». Des bilans plutôt désespérants ! Omar Radi, qu’en dites-vous ?

Omar Radi : Je pense que les bilans des ONG internationaux se sont plus prudents sur ce qu’est la réalité au Maroc. D’abord sur le plan des droits de l’homme : le dispositif administratif et juridique en Maroc continue d’enfreindre ses propres lois qui sont déjà à la limite du respect des droits de l’homme. Des militants de droit de l’homme, les gens qui sont en train de revendiquer les droits de l’homme, ou même simplement des journalistes ou des artistes sont toujours emprisonnés et malmenés dans le cadre de procès inéquitables où les premiers règles de la justice ne sont pas remplies. Ce qu’il faut soulever, c’est que ce n’est pas seulement dans la continuité de ce régime autoritaire, mais c’est aussi une recrudescence des procès politiques en Maroc et des exactions des droits l’homme, c’est-à-dire qu’on en a de plus en plus.

Sur la presse, RSF est très clair : on a été mieux classé dans les classements de RSF sous Hassan II dans les années 1990 que maintenant (Red. : actuellement le Maroc est classe 138e de 179 pays, dégradé de trois place par rapport à l’an dernier). L’étouffement de la liberté d’expression est une chose palpable et qu’on ressent tous les jours en tant que journaliste mais aussi en tant que lecteur : la presse marocaine ne représente plus rien, ne représente plus une contrainte pour le régime politique, parce ce que la presse est muselée, domestiquée et apprivoisée.

En ce qui concerne la liberté de la presse, HRW écrit que dans la presse écrite les journalistes s’exposent à des tracasseries et à des poursuites s’ils franchissent certaines limites. Vous en tant que journaliste, étiez-vous déjà confronté par ce phénomène ?

OR : Écoutez, dans le cadre de couverture p.ex. des mouvements sociaux, il est déjà arrivé à des journalistes nationaux et internationaux – moi y compris, j’étais mal mené – d’être agressé par la police qui nous empêche de faire notre travail. C’est-à-dire, dans le cas de violence policière dans la rue, on n’est pas épargné, on nous empêche de faire notre travail, d’abord en nous éloignant, en nous confisquant notre matériel et également en nous agressant.
Je me rappelle du 13 mars 2011 lors d’une manifestation à Casablanca, beaucoup des journalistes ont été frappés et arrêtés par la police, bien sur ça c’est un niveau. L’autre niveau c’est la censure qu’il y a au niveau des supports de presses marocaines. Maintenant les décideurs des sociétés de presse au Maroc ont tellement peur pour la survie de leur magazine, de leur radio ou de leur journal qu’ils empêchent le journaliste de mener à bien son travail et, ils préfèrent parfois rester silencieux sur certaines choses qui sont quand-même importantes et sensibles au pays.

Omar Radi protestant avec plusieurs journalistes, lors d’une cérénomie organisée par le ministère de la communication du précédent gouvernement, contre les atteintes aux libertés de la presse et d’expression.

Est-ce que dans le contexte du Mouvement du 20 Février (M20F), la répression policière s’est intensifiée ?

OR : Moi, je pense que la répression qu’on a eu pendant p.ex. le mois de Mai 2011 à l’encontre des militants du M20F partout au Maroc est une répression qu’on n’a jamais vue auparavant ces dernières années, pendant toute la décennie de Mohammed VI. C’est-à-dire, c’était une répression atroce, on a sorti les brigades anti-terroristes pour frapper des jeunes de 16, 17, 18 ans qui étaient pacifistes et complètement désarmés. On a utilisé aussi la violence morale contre les militants en les traitants d’homosexuels dans un pays musulman, athéiste, ou pro Polisario etc. Un autre aspect, c’est de monter des brigades fascistes à l’encontre des militants du M20F, donc il s’est créé une sorte de division dans la rue, c’est ce qu’on appelle maintenant les baltajis. C’est une pure création de l’Etat marocain afin de stopper l’élan protestataire dans le pays et ça, c’est un acte extrêmement fasciste et l’Etat ne mesure pas les conséquences.

Le Code de la presse au Maroc interdit entre outres des propos diffamatoires, injurieux à l’égard de membres de la famille royale, ou qui portent atteinte « à la religion islamique, au régime monarchique, [ou] à l’intégrité territoriale ». Rachid Nini, le journaliste le plus lu en Maroc, est toujours en prison parce qu’il a critiqué les services de renseignement du Maroc et accusé de corruption des proches du palais royal : Est-ce que cet exemple nous montre, qu’une critique fondamentale est toujours impossible au Maroc?

OR : Il y a un ami journaliste à moi qui a dit : « il y a deux sortes de progressismes dans la presse marocaine : d’abord le progressisme sociétal. Dans une société conservatrice comme le Maroc parler de tabous comme des minorités sexuelles, l’harcèlement sexuel ou les femmes battues ou ce genre de question étaient difficile avant, mais maintenant il est plutôt toléré vu qu’il y a une autre sorte de progressisme qui est plus dangereuse pour le régime ; c’est le progressisme politique. C’est-à-dire aller au cœur de ce système politique et critiquer, disons, les dysfonctionnements structurels, ou ce qui ne marche pas en gros, ce qui va fondamentalement à l’encontre des règles démocratiques de base»

Je pense, que ce genre de traitement journalistique est toujours sous une importante surveillance et sous une grande censure. Et c’est ce genre de travail journalistique qui est maintenant de plus en plus impossible à faire au Maroc puisque les représailles sont très importantes. Donc beaucoup de gens qui travaillent dans les médias ne savent toujours pas jusqu’où ils peuvent aller, que se soit les journalistes ou les directeurs de publications.

 Le Syndicat National de la presse marocaine (SNPM) se montre optimiste avec le nouveau ministre de la communication Mostafa Khalfi, après quatre ans de stand-by, un nouveau Code pourrait voir le jour. Est-ce que vous êtes aussi optimiste?

OR : D’abord, il ne s’agit pas de réformer le code de la presse ou pas, il s’agit de réformer tout un pays. Ensuite le SNPM n’est vraiment pas une référence en matière de liberté d’expression ou de défense de journaliste. C’est un syndicat qui est tout à fait domestiqué par le régime politique marocain, par le makhzen (Red. : arabe ; terme familier pour le régime marocain. Ou bien ici: réseau d’intérêts proche du Roi), et c’est la voix de son maître. Donc à mon avis ce syndicat n’est pas là pour donner des leçons aux journalistes.

Maintenant pour la réforme du code de la presse : les journalistes ne sont pas poursuivis dans le cadre de procès par le code de la presse mais par le code pénal. Une réforme du code de la presse supposerait déjà une indépendance politique de supports de presse et qu’il y aurait une séparation des pouvoirs. C’est-à-dire que déjà le système fonctionne bien. Donc une réformette de la presse ne suffit pas, il faut une réforme politique globale. Parce que par exemple, on peut réformer le code de la presse, mais la publicité, comment elle est gérée, c’est l’épée de Damoclès sur le cou des journalistes. La publicité, elle est donnée aux journaux qui sont les plus fidèles au régime politique marocain. Donc, en réalité c’est le cœur du régime politique marocain qui contrôle cent pour cent des annonces de la publicité marocain. C’est-à-dire que la survie d’un support de presse est entre les mains de ceux qui règnent dans ce pays et qui règnent d’une manière irrationnelle, c’est-à-dire qui ne règnent pas sous et selon des règles. Et donc si ces règles ne sont pas installées et mises en place, une réforme du code de la presse, c’est comme verser de l’eau sur du sable.

Vous publiez souvent pour l’hebdomadaire Telquel, soi-disant le journal indépendant du Maroc…

OR : soi-disant !

…jusqu’où Telquel est-il vraiment indépendant en réalité ?

OR : (réfléchie longtemps)… Je ne sais pas ! Comme je ne crois pas en quelque chose qui s’appelle l’objectivité, je ne pense pas qu’il y ait quelque chose d’indépendant. Dans ce sens je ne me considère pas indépendant, moi je suis journaliste, je ne suis pas un robot, j’ai un cœur et j’ai un cerveau et j’ai souvent des prises de positions et ces prises de positions peuvent se refler d’une manière ou d’une autre quelle que soit mon honnêteté professionnelle dans mes écrits. Maintenant, de manière relative, Telquel est un magazine plutôt indépendant des groupes financiers, du régime politique etc. Mais on ne peut pas mesurer l’indépendance d’un journal de presse qui se prétend impertinent qu’en voyant de plus près ses actes dans ce qui pourrait déplaire au régime. Ce que moi, en tant que lecteur ne me plait pas dans ce pays, j’aimerais bien lire et voir Telquel le décrire. Ce n’est pas toujours le cas, disons, que ce que fait un magazine comme Telquel c’est justement contourner parfois, rester silencieux sur certaines affaires. Ce n’est pas très héroïque et ce n’est pas non plus un combat d’avant-garde comme le voudrait peut-être la situation actuelle, mais je pense que ce que font les publications soi-disant indépendantes, c’est déjà bien. En ce qui concerne les journalistes qui veulent vraiment aller de l’avant, eux ils doivent prendre cela comme un combat pour vraiment arracher leur indépendance. Et après tout, il faut aussi être militant dans un pays comme ça !

Ca nous emmène directement au fait, que vous n’êtes pas seulement journaliste, mais aussi militant du M20F, de l’Association pour la Taxation des Transactions Financières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC) et de l’Association Marocaines pour les Droits de l’Domme (AMDH). Est-ce que écrire, donc publier, c’est pour vous une façon de lutter?

OR : Moi, je pense que si dans un pays où il y a beaucoup de dysfonctionnements, où il y a beaucoup de problèmes, de corruption, si le journaliste ne prend pas le rôle de dénonciateur de ce genre de chose, en allant de l’avant et en faisant de l’investigation. Le fait de publier ouvre quand-même des portes à d’autres qui ont pour rôle la dénonciation. Et dans un pays comme le Maroc, l’investigation passe par là quoi !

Vous écrivez souvent sur les mouvements sociaux et populaires, récemment vous avez fait une petite histoire dans le Telquel sur Mouad El Haked, le rappeur et militant du M20 qui était en prison à cause de ses opinions ; là il vient d’être libéré. Cette libération, qu’est ce qu’elle signifie pour la liberté d’expression au Maroc?

OR : Ca ne signifie rien ! Ça signifie que la liberté d’expression est toujours bafouée et qu’il faut toujours se battre. Les erreurs du makhzen vont se répéter certainement parce qu’il n’a pas de mécanisme de lois, de garantie et de protection de la liberté d’expression. Je ne vois aucun signal d’une volonté d’en finir avec l’injustice. C’est juste la pression populaire, internationale et de la rue qui a fait sortir qu’El Haked sorte de prison, donc ce n’est pas que le régime qui s’est rendu compte qu’il a fait une erreur et qu’il fallait faire cela pour se faire pardonner. Ce régime-là est un régime par nature autoritaire qui survit en faisant taire les gens et si les gens commencent à parler, ça va compromettre sa survie et donc il est tout à fait contradictoire que ce régime aille dans le sens de la démocratie.

Une lutte qui est en train de se radicaliser dernièrement, c’est celle des diplômés chômeurs. Il y a de plus en plus de tentatives d’immolation, récemment il y avait un mort à Rabat. Donc, comment voyez-vous les perspectives de cette lutte en particulier et est-ce que l’action de s’immoler risque de devenir une épidémie au Maroc?

OR : Je pense que l’immolation est juste une figure parmi plein d’autres sortes de suicides de désespoir. C’est-à-dire quand l’immolation devient un acte facile, donc si le feu et l’essence deviennent très accessibles au citoyen, c’est que le désespoir est en train de gagner du terrain et le désespoir peut vite se transformer en colère.

Par exemple entre le 20 février 2011 et maintenant, c’est vrai que le M20F a perdu en taille, en effect et en puissance, mais la valeur absolue de toutes les luttes et protestations au Maroc a augmenté ! On a des soulèvements, on a beaucoup plus d’affrontements dans les régions et dans les petits patelins. Donc on a des colères collectives et on a aussi, ce qu’on a pu constater dans d’autres régions, c’est la solidarité entre les citoyens et des gens qui sont en lutte dans la rue, comme ça s’est passé à Taza, Sidi Ifni ou bien dans le Rif. Ça renforce ce genre de solidarité et je pense que les gens ne se solidarisent pas, parce que ce sont les gens de leurs quartiers ou ce sont leurs enfants, mais je pense chacun et chacune sort dans la rue pour faire exploser une certaine colère pour ses propres motifs. Et moi je constate : la rue est en train de se radicaliser parce que l’autoritarisme du coté du régime s’est radicalisé. On va vers la fracture, c’est-à-dire il n’y a plus aucune sorte de communication entre ces deux parties. Ça ne converge plus, mais ça diverge.

Pour la commémoration du premier anniversaire du M20F, un appel pour une marche nationale à Rabat, le 19 Février, était lancé, également il y a un appel pour une grève générale le 20 Février. Il paraît que le Maroc attend des semaines chaudes à venir…

OR : Oui, mais même s’il ne se passe rien en février et l’anniversaire reste symbolique, mais comme j’ai dit, il y a recrudescence des protestations. C’est-à-dire que les gens se rendent de plus en plus compte qu’ils sont dupés, qu’ils sont manipulés et qu’ils sont volés et humiliés par ce qui se passe en haut au Maroc. Et le régime ne fait rien pour corriger même pas avec des petites réformes qui puissent calmer les gens. S’il y a la sécheresse cette année, s’il ne pleut pas trop, cette situation va exploser, c’est donc l’explosion sociale.
Si tu veux, selon le FMI, la croissance économique du Maroc se distingue par deux choses : d’un côté le pays est agricole, donc le Maroc dépend directement de la pluie et d’autre côté le pays est touristique et dépend de la demande européenne. Et la demande européenne, c’est clair, qu’on ne l’aura pas cette année et s’il ne pleut pas, on n’aura pas non plus une valeur agricole. Et si on a une croissance de trois ou quatre pourcents, c’est la merde dans le pays, il n’y aura pas de créations d’emploi, il y n’aura rien du tout. Et selon le FMI aussi, pour régler tous les problèmes au Maroc, il faut une croissance de sept pourcent pendant les cinq prochaines années, ce qui est juste impossible à réaliser.

Donc, avec tout ce qui se passe maintenant au Maroc, avec l’absence de la volonté d’aller de l’avant et de redistribuer les richesses et de mener des politiques sociales, tout ça doublé à la crise, le régime politique n’a aucune chance de convaincre le peuple de se calmer !

 

Omar Radi (25) est journaliste et militant du Mouvement du 20 Février. Il est membre de l’Association pour la Taxation des Transactions Financières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC) et de l’Association Marocaines pour les Droits de l’Domme (AMDH). Il a fait des études en économie et en sociologie et il habite à Rabat.

 

6 Comments

  • Merci pour la publication de l’entretien et ce que j’en retiens me parait doté de bon sens :

    - « D’abord, il ne s’agit pas de réformer le code de la presse ou pas, il s’agit de réformer tout un pays. Ensuite le SNPM n’est vraiment pas une référence en matière de liberté d’expression ou de défense de journaliste. C’est un syndicat qui est tout à fait domestiqué par le régime politique marocain, par le makhzen »

    - « Ca ne signifie rien ! Ça signifie que la liberté d’expression est toujours bafouée et qu’il faut toujours se battre. Les erreurs du makhzen vont se répéter certainement parce qu’il n’a pas de mécanisme de lois, de garantie et de protection de la liberté d’expression. »

    - « Par exemple entre le 20 février 2011 et maintenant, c’est vrai que le M20F a perdu en taille, en effect et en puissance, mais la valeur absolue de toutes les luttes et protestations au Maroc a augmenté ! On a des soulèvements, on a beaucoup plus d’affrontements dans les régions et dans les petits patelins. »

    - « l’anniversaire reste symbolique« …

    • Je vous envoie ce petit message tout frais au retour du souk Essabt, quelque part aux confins de l’Atlas. Pour me rendre compte de la situation de visu, je suis allé au souk très tôt ce matin, les paysans que j’ai abordés sont catastrophés par l’ampleur des dégâts causés par le froid et la sécheresse ce mois de février 2012. Ils m’ont dit qu’ils regardaient avec assiduité la météo tous les soirs et qu’ils se sont mis à l’idée qu’il n’y aura pas de pluie la semaine prochaine. Ceux avec lesquels j’ai partagé le thé rituel m’ont affirmé que les réserves constituées cet été fondent comme neige au soleil et que si la pluie ne tombait début mars, il y aurait des pertes lourdes de cheptel et de récolte.
      Les autorités locales, gouverneur de la province compris, ne sont pas manifesté auprès de la population pour lui apporter un soutien moral à défaut de subventions exceptionnelles à même de les aider à passer l’hiver. Ils savent depuis des siècles qu’il n’y a rien à attendre du makhzen.

  • Chers lecteurs et chers camarades,

    La sécheresse a commencé à faire des ravages dans nos campagnes. Le gouvernement actuel ne prend pas la mesure de la détresse de nos paysans, surtout des plus modestes, qui commencent à brader leur maigre bétail dans les différents souks des régions les plus sinistrées. Dans ma région, le prix du bétail a chuté de près de 20 % depuis janvier. Un ballot de paille standard se vend à 30 DH, de quoi nourrir une vache laitière pendant à 24 heures.
    Le super-roi des pauvres n’en a cure, il est à ses loisirs favoris, sillonner son royaume pour se faire acclamer par tous ceux qui tirent quelque profit des largesses du makhzen, par ces vendus épaulés par des courtiers rémunérés pour rameuter le petit peuple à dessein de faire bonne figure et « témoigner » au roi amour et loyauté indéfectibles.

    Malgré la crise endémique qui fragilise nos paysans en ce moment, et tous ceux qui y sont liés (emplois indirects), les officiels et corrompus du haut commissariat ne manqueront pas l’occasion de nous abreuver dans quelques mois de statistiques aussi douteuses qu’invérifiables du genre taux de croissance hors agriculture de x% !

    Quant aux gouverneurs et autres walis de sa parfaite divinité le roi des pauvres, organisateurs et courroie de transmission de la répression et du déni de démocratie, ils donnent dans la surenchère et l’excès de zèle en remontant des informations du genre : nous appliquons à la lettre les instructions de sa majesté et veillons à ce que nos valeureux paysans surmontent la crise, que le roi, avant Dieu, fasse passagère!

    Un règne de mensonge travestissant les faits, les hommes et l’histoire du pays. Nous le savons, raison de plus pour prendre nos ordinateurs, pour ceux qui en disposent, et dénoncer toutes les pratiques non-conformes à la loi et aux mauvais usages : abus de pouvoir, violence morale et physique, corruption, gabegie et mauvaise utilisation publique…

  • lol Après avoir échoué à soulever le peuple contre le régime vous espériez que la sécheresse le fasse à votre place. Quelle bassesse !!

  • Marokko is bij iedreen bekend, dat het een corrupt land is.
    het zal voorlopig zo blijven.

  • Pas mal en effet , merci pour l’info

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