GuanTémara : Bloody Sunday au Maroc

15 mai 2011 20 h 31 min 4 comments

Le Makhzen a montré son vrai visage en optant clairement pour la répression. Plusieurs jeunes du 20 févriers ont été agressés ou arrêtés en cours de semaine dans différentes villes. Dans la ville minière de Khouribga, des heurts ont éclaté entre manifestants et « forces de l’ordre » mais le comble a été atteint ce dimanche 15 mai à Rabat.

Rappel des faits:

Le mouvement du 20 février avait décidé d’organiser un pique-nique devant le centre de torture de Témara, dit « GuanTémara »,  lequel se situe à quelques kilomètres seulement du centre ville de la capitale. Le mouvement exigeait par cette action symbolique la fermeture de ce centre illégal, dont l’existence est niée par l’Etat, et la mise en place d’une enquête sur l’ensemble des violations qui y ont été commises.

Les forces de police, dont certaines encagoulées, ont alors matraqué les jeunes manifestants (cliquer sur ce lien pour visionner la vidéo). Une centaine aurait été agressée, 44 arrêtés puis relâchés et un jeune parmi les membres de la coordination de Rabat a perdu conscience à la suite d’une répression sauvage qui lui a causé, au moins, une fracture au nez (Il s’agit du jeune Oussama El Khlifi. Voici la première déclaration qu’il a fait après sa sortie de l’hôpital : ICI).

Qui est Oussama Khlifi ?
A 23 ans, Oussama El Khlifi est un des premiers à avoir témoigné à visage découvert pour appeler à manifester. Informaticien au chômage, il est une figure de proue du mouvement. Surnommé « le Che de Salé », il a accordés plusieurs interviews à de nombreuses publications (Le Monde, Libération, Au Fait Maroc, Africa Press, Rue89 …)
Après un passage rapide par l’USFP, Oussama quitte ce parti car, dit-il à un journaliste « [l’USFP] est avec le régime ».Originaire de Salé, il y habite toujours, avec sa grand-mère et son père, policier depuis 27 ans. Ce dernier le soutient, malgré les pressions subies par sa hiérarchie.
Oussama El Khlifi a été admis aux urgences d’Avicennes. Il souffre d’une fracture au nez et à l’épaule.

 

 

 

 

 

 

 

 

La MAP, agence de presse officielle du régime, déclare :

« Les autorités locales ont précisé qu’aucune demande d’autorisation n’avait été déposée préalablement par les organisateurs comme il est d’usage dans ce genre d’activités. »

Ceci relève de l’ordre du mensonge puisqu’un sit-in n’a pas besoin d’autorisation de la part des autorités (un arrêt de la Cour suprême considère que le sit-in relève du droit d’expression et ne nécessite pas autorisation).

Le même communiqué précise que :

« De source bien informée, on apprend que le procureur général du Roi près la Cour d’appel de Rabat s’apprête à effectuer une visite d’inspection au siège de la DGST près de Témara.

Les mêmes sources précisent que le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) va effectuer une mission similaire audit siège. »

Si l’information sur la visite du procureur se confirme, ce serait une petite victoire pour le mouvement du 20 février. A noter tout de même que ledit procureur devrait également recueillir les témoignages des centaines de personnes qui déclarent avoir été torturées dans ce centre de détention pour décider s’il devrait diligenter une enquête sur les agissements des services secrets marocains (DGST en l’occurence).

Par ailleurs, il faudrait signaler que le CNDH devrait être accompagnée lors de sa visite par les autres associations de droits de l’homme : AMDH, OMDH, Amnesty, LDDH, Al wassit et par les jeunes du 20 février. Les jeunes pourront ainsi symboliquement planter le drapeau du 20 février sur le tristement célèbre centre de « GuanTémara ».

Il faudrait rester vigilant puisque les informations rapportées par plusieurs médias indiquent que plusieurs camions ont quitté ce lieu et qu’il existerait un autre centre de détention clandestin pas très loin de la capitale.

Par ailleurs, la MAP poursuit en déclarant :

« A Fès, plusieurs extrémistes ont également occupé la voie publique illégalement. Certains parmi eux étaient en possession d’armes blanches et de drapeaux d’Al Qaida. »

La première question qu’il convient de se poser est à quoi ressemble un drapeau d’Al Qaida. Les propos de la MAP ferait probablement allusion à la manifestation qui apparait sur cette vidéo (cliquer sur ce lien pour visionner la vidéo). Si l’équipe de Mamfakinch se désolidarise totalement des slogans qui ne correspondent pas à ceux du mouvement du 20 février, il n’en demeure pas moins que cette manifestation est clairement pacifique, comme le scandent les manifestants.

Quand le Makhzen tabasse, le peuple gronde :

Au moment où la répression s’abattait sur les jeunes du 20 février à Rabat, ceux de Casablanca organisaient une grande marche dans le quartier populaire de Hay Mohammedi qui, rappelons le, est l’un des berceaux de la résistance contre l’oppression du Makhzen durant les années de plomb de Hassan II. Des dizaines de milliers d’habitants du quartier ont rejoint la manifestation pour exprimer leur refus de l’oppression et leur aspiration à un régime démocratique qui leur apportera la liberté et la justice sociale (cliquer sur ce lien pour visionner la vidéo).

 

4 Comments

  • Vous ne présentez pas achaab
    Warakoum dépassez les limites
    Vous êtes des rates de la société

    قبح الاله الجهل

  • le mouvement 20 fevier a perdu sa crédibilité, et vous vous ne cherchez qu’a semer la zizanie.le seul qui a le droit de representer le peuple est le roi,dsl je participerais pas

  • Rah 36,99999million des marocain qui ne vont pas vous suivre
    Pour la seule raison (mgharba hâta la mort)
    مغرب = موت + غيرة + روح + بزمنكم

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