L’Etat Marocain : les symboles ou le contrat social ?

20 février 2013 17 h 36 min 0 comments

En lisant Mafhoum Addaoula, la définition de l’ETAT d’Abdellah Laroui m’a inspiré une piste de réflexion que je partage avec vous dans cet article et qui porte sur  la forme que le printemps arabe a pris au Maroc et la façon avec laquelle les choses se sont « tassées »..

Abdellah Laroui définit l’Etat comme l’ensemble des fonctions qu’il remplit et les valeurs qui le légitiment aux yeux des individus et de la société. Les fonctions de l’Etat couvrent idéalement la coordination, la sécurité, la justice, l’éducation, la collecte des impôts, etc. Elles sont accomplies par une administration comptant des fonctionnaires recrutés sur la base de concours, appliquant les mêmes procédures à tout le monde et poursuivant l’intérêt général. Les valeurs légitimant un Etat dépendent de l’héritage historique et des intérêts qui sous-tendent les interactions entre les individus et les groupes au sein de la société. Ces valeurs recueillent l’adhésion émotionnelle et intellectuelle et se traduisent en loyauté de tous. Je ne vais pas aborder ici les fonctions de l’Etat Marocain et son administration. Je m’intéresse plutôt à « ce » qui légitime l’Etat Marocain aux yeux des Marocains.

Le couplet final de l’hymne national du Maroc est le fameux triptyque « Dieu,  La patrie et le Roi ». C’est la devise du pays, écrite en lettres gigantesques formées de pierres blanches sur les flancs des collines ou en lettres dorées au-dessus des symboles de l’Etat. Cette devise résume bien la relation entre l’Etat marocain monarchique et les Marocains. « Dieu, la patrie et le Roi » sont des symboles auxquels les Marocains doivent loyauté et allégeance. C’est un contrat dans une seule direction : les Marocains croient en Dieu, doivent défendre leur patrie et doivent allégeance à leur Roi. Cette devise s’appuie sur les croyances collectives des Marocains forgées par l’Histoire, la tradition, la religion et la monarchie elle-même pour asseoir l’essentiel de sa légitimité. Cependant, il y deux limites à cet exercice.

D’une part, les croyances collectives ne suffisent pas à elles seules à asseoir la Légitimité d’un Etat. Il existe aussi la légitimité par les procédures de dévolution et de fonctionnement du pouvoir, la légitimité par les résultats (sécurité, services sociaux) et la légitimité internationale (reconnaissance par les autres états)[1]. Selon ces trois critères, la légitimité de l’Etat Marocain est contestable même s’il se livre à un exercice complexe. Il déploie des réformes administratives, des services sociaux, des infrastructures tous azimuts depuis des décennies et des efforts « continus » en matière de démocratie et de droits de l’Homme. Pourtant, dans les faits, l’Etat Marocain maintient l’arbitrairepour continuer à agir par rapports de force sur les différentes factions de la société….

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