Mamfakinch à la conférence de l’UNESCO sur la liberté de connexion et la liberté d’expression

15 février 2013 11 h 11 min 1 comment

Hisham Almiraat membre du collectif Mamfakinch et directeur de Global Voices Advocacy participe à la conférence organisée à Marrakech (Hôtel Ryad Mogador Agdal) par l’UNESCO et l’association marocaine pour la promotion de l’internet (MISOC) le vendredi 15 et samedi 16 février. Celle-ci porte sur la thématique de « Liberté de connexion, liberté d’expression : Ecologie dynamique des lois et règlements qui façonnent l’Internet« . Notre ami Hisham interviendra lors de la session 5 portant sur « La gouvernance et la règlementation de l’Internet : défis et perspectives pour le Maroc » qui aura lieu le samedi 16 février à partir de 14h30. Cette même session verra également la participation de M. Jamal Eddine Naji Directeur-général de la Haute Autorité pour la Communication Audiovisuelle (HACA), de M. Tib, responsable de la mission réglementation à l’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT) et de Mme Hanane Boujemi, Coordinatrice exécutive du programme de la gouvernance d’Internet pour la région arabe (Hivos).

A noter également que le bloggueur Larbi interviendra, en principe, le vendredi 15 février à 14h30 dans le cadre de la session « Enjeux du développement de la presse électronique et des médias sociaux au Maroc ».

Nous reprenons ici des extraits de l’article du magazine marocain Challenge qui reprennent les propos de Hisham Almiraat sur la question de la liberté d’expression sur internet :

A l’évidence, certains, dans la classe politique pencheraient vers un  durcissement des peines plutôt qu’à un allègement comme le préconise le ministre PJD, lui même ancien journaliste. Mais d’un point de vue technique, ce problème  en pose un autre, juridique cette fois-ci : “sur internet il y a un problème de territorialité. Comment peut-on poursuivre un contrevenant à la loi américaine au Maroc, par exemple? Toute loi qui serait mise en  place répondrait à un droit international et nécessiterait un consensus bien difficile à obtenir”, expliquait le juriste Mehdi Lahlou. Un internaute qui écrirait depuis la France  ne serait donc pas justiciable au regard  de la loi marocaine, avec ou sans carte de presse. Mais tout de même, à qui profite le crime?

Internaute = journaliste ?

“Après les révolutions arabes, plusieurs gouvernements, jusque là sceptiques quant à la portée d’internet, ont pris conscience de sa “capacité de nuisance”. Ils ne croyaient  pas qu’il s’agissait d’une arme capable de divulguer des vérités sur le régime. Internet a été un choc aussi bien pour les peuples, que pour les régimes, comme ceux de Bahrein ou  d’Arabie Saoudite”, explique le Dr Hisham El Miraat, président marocain du groupe international de défense des libertés sur le net, Global Advocacy. Pour lui, ce sont aussi  bien les corporations, que certains régimes qui auraient intérêt à museler internet. Pour d’autres internautes, preuves en seraient les tentatives, supposées ou réelles, de  Microsoft de racheter le world wide web, ou encore, le recrutement des bloggers qui testent les produits de grande consommation. Ce qui se fait à l’international commence à  poindre le bout de son nez au Maroc. Même sans carte de presse, on constatait la présence de représentants du micro-blogging, lors des conférences de presse relatives à la  ligne de chemin de fer à grande vitesse, ou encore lors des explications de la ministre de la famille et des solidarités, Bassima Hakkaoui et de la famille de Amina Filali en  2012. Dans les faits, accorder une carte de presse aux internautes, semble relever plus de la formalité que d’un processus ardu.

Le Maroc : terre promise des cyber-dissidents 

Mais le gouvernement marocain en profiterait- il pour museler internet ? “Le Maroc est l’un des pays les plus libres en matière d’accès à internet. Tous les sites, qu’ils soient d’opposition ou pro-polisario sont accessibles sans limites,” analyse Dr Al Miraat. En matière de libertés sur le web, le Maroc est encore bien loin devant des pays comme les Emirats Arabes  Unis ou le Koweit, où il est nécessaire de s’identifier avant de se connecter. Tout comme en Chine. Dans des pays développés, comme en Corée du Sud, l’anonymat  est en passe de disparaître. Dans ce contexte, le Maroc prend des airs de terre promise des cyber-activistes. Mais pas réellement : “en juillet 2012, le site du groupe contestataire   Mamfakinch avait été piraté. Les logiciels de piratage utilisés ont permis de remonter jusqu’à un fabricant italien de logiciels, logiciels qui coûtent très chers cela s’entend.” Autre source  d’inquiétude, selon le site d’information reflets.info, le Maroc se serait porté acquéreur d’un logiciel de surveillance en ligne, Pop Corn. De quoi soulever des inquiétudes dans  le Royaume.

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